Rôles et Légendes
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 Brynhild, ou l'anneau des Nibelungen

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Rhadamante

Rhadamante


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MessageSujet: Brynhild, ou l'anneau des Nibelungen   Brynhild, ou l'anneau des Nibelungen Icon_minitime28/6/2007, 10:13

Les Walkyries, esprits de la tuerie, anges sombres de la mort, volaient au dessus des champs de batailles tels des oiseaux de proies, sous la forme d’amazones à cheval ou de femmes-cygnes, décidant du sort des guerriers au nom d’Odin. Elles sont représentées comme des vierges à la peau blanche et aux cheveux longs, protégeant Odin de leur bouclier et servant aux héros morts de l’hydromel dans le palais du Walhalla, situé à l’intérieur de la forteresse d’Asgrad.



L’une de ces intrépides guerrières avait pour nom Brynhild. Sa pureté et son courage la rendaient intouchable sur les champs de bataille. Fille d’Odin et d’Erda, déesse de la sagesse, elle avait en outre héritée de sa mère un esprit affûté et sage. La sachant compétente et dévoué, Odin lui confia un jour une mission délicate.

Le dieu avait, quelques années plus tôt, engendré, sous la forme d’un loup, des jumeaux, Siegmund et Sieglinde. Séparés dès la naissance, les jumeaux n’avaient pas connaissance de leur parenté. Un hasard malencontreux les a pourtant fait se rencontrer. Sieglinde, épouse contrainte du brutal Hunding, offrit ainsi l’hospitalité au jeune guerrier qui cherchait un refuge. Il ne fallut pas longtemps pour que les jumeaux tombent amoureux l’un de l’autre. Mais Hunding comprit ce qui se passait, et défia Siegmund. Le jeune homme fut rapidement désarmé, mais Sieglinde lui permit de récupérer une épée qu’Odin avait laissée plantée dans un arbre, et tous deux s’enfuirent. La tâche de Brynhild était donc d’aider ses demis frère et sœur à échapper à la fureur de Hunding.

Cependant, alors que la Walkyrie veillait sur les jumeaux en Midgard, Frigga, épouse légitime d’Odin et déesse de la famille, gardienne des foyers, apprit toute l’histoire. Elle intervint aussitôt auprès de son mari. Comment pouvait il vouloir cautionner l’union d’un frère avec sa propre sœur, déjà mariée de surcroît ? Odin tenta de la calmer, mais en vain. Il finit par céder à ses arguments et rappella Brynhild, à qui il expliqua que malgré leur parenté, Siegmund devait mourir pour ses crimes. Mais Brynhild avait été émue par la détresse et l’amour sincère que se portaient les jumeaux. Bravant les ordres de son père, elle retourna auprès d’eux. Elle ne pu cependant rien faire quand, lors d’un combat avec Hunding, Odin en personne fit se briser l’épée de Siegmund, qui tomba rapidement sous les coups. Elle emmèna alors la pauvre Sieglinde éplorée hors de portée de son époux violent. Elle lui confia les morceaux de l’épée brisée qu’elle avait ramassés, et lui apprit qu’elle attendait un enfant de Siegmund, qui seul sera capable de reforger l’épée divine.

Elle retourna ensuite au Walhalla, sachant qu’elle allait devoir payer pour sa désobéissance. En effet, jamais une Walkyrie n’avait ainsi défié Odin. Celui-ci décida pour sa fille d’une punition exemplaire. Il la déchut de sa divinité et la condamna à être allongée sans défense au sommet d’une colline, jusqu’à ce qu’un mortel vienne la réclamer. Cependant le spectacle de sa fille ainsi offerte, et le plaidoyer de ses sœurs, finirent par l’attendrir et il accepta d’adoucir le châtiment. Brynhild fut plongée dans un profond sommeil et entourée d’un cercle de flammes infranchissables pour tout mortel qui n’était pas un héros valeureux.



Le sommeil sans rêve de la jeune femme dura longtemps. Pendant son inconsciente, Sieglinde, privée de toute protection, mit au monde un fils, Siegfried, et mourut en couche. Le bébé fut recueillit par Regin, le forgeron de la cour du Jutland, pour des motifs très intéressés, et élevé à l'écart, dans une forêt profonde. Regin espérait en effet que l’épée divine lui permettrait de tuer le géant Fafnir, gardien d’un immense trésor, dont un anneau forgé par le nain Andvari, à partir de l’or du Rhin. Odin lui avait dérobé l’anneau afin d’en payer Fafnir, Regin et leur père Hreidmar, constructeurs du palais du Walhalla. Andvari avait cependant maudit l’anneau et ses porteurs, si bien que Fafnir et Regin tuèrent leur père pour se l’approprier. Fafnir se changea ensuite en dragon pour veiller sur son trésor, sans partager, et depuis ce temps Regin ne rêvait que de le récupérer.

Alors que tous les efforts de Regin pour reforger Notung, l’épée, s’étaient soldés par des échecs, son jeune apprenti, élevé dans l’ignorance de la peur, y parvient facilement. Arguant que cela allait lui permettre de savoir ce qu’était cette peur que le garçon voulait tant connaître, Regin l’envoya dans la tanière de Fafnir. Nombre d’hommes l’avaient affronté, et avaient péri, mais Siegfried l’astucieux parvint à le transpercer au ventre, faiblesse du dragon recouvert d’écailles. Suivant les conseils de Regin, il mangea son cœur et se baigna dans son sang. Celui-ci avait la propriété de rendre intransperçable ce qu’il touchait, et Siegfried se découvrit soudain la capacité de comprendre le langage des oiseaux… L’un d’eux se posa près de lui et l’avertit que Regin, qui avait maintenant obtenu ce qu’il convoitait tant, projetait de se débarrasser de lui pour conserver tout le trésor. Siegfried frappa le premier, et tua son père adoptif.

Comme il se désolait de ne pas avoir ressenti la moindre peur, le petit oiseau lui parla d’un nouvel exploit à accomplir : franchir un cercle de flammes enchantées… Siegfried décida de suivre l’oiseau, qui le mena jusqu’à la colline de Brynhild. Le jeune homme possédait un magnifique cheval qu'il avait trouvé dans la forêt, sans se douter qu'il s'agissait d'un présent d'Odin : Grani, fils du légendaire Sleipnir. Le cheval était un sauteur prodigieux, et les flammes ne l'effrayaient pas. Siegfried ne ressentit rien de particulier lorsque l'étalon s'éleva au dessus du cercle enflammé, mais quand il aperçut la sublime guerrière endormie, son coeur s'emballa, il frissona, et connut enfin la peur. Lorsqu’il s’approcha, la jeune femme se réveilla, et une grande passion naquit aussitôt entre eux.


Bien que Brynhild ne soit plus à présent qu’une humaine, sans don ni pouvoir, elle s’adapta à sa nouvelle vie, aidée par l’amour réciproque qu’elle portait à Siegfried. Celui-ci, pourtant, avait soif d’exploits et d’aventures, et Brynhild, en ancienne Walkyrie, ne pu que l’encourager. Alors qu’il allait partir, elle lui confia son bouclier, et il lui remit, en gage d’amour, la plus belle pièce du trésor de Fafnir, l’anneau du Nibelung, sans se douter de la terrible malédiction qui y est rattaché.
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MessageSujet: Re: Brynhild, ou l'anneau des Nibelungen   Brynhild, ou l'anneau des Nibelungen Icon_minitime28/6/2007, 10:13

Il arriva bientôt au château des Gibichungen, résidence de Gunnar, le roi des Burgondes. Sa réputation lui valut un accueil chaleureux. Cependant, alors qu’il racontait sa rencontre avec Brynhild à Hagen, le demi frère de Gunnar, cela donna une idée à celui-ci. En effet, le jeune roi se cherchait une épouse : quel meilleur choix pourrait-il faire que l’ancienne Walkyrie, fille d’Odin ? Et Siegfried serait un parti idéal pour Gudrun, la sœur de Gunnar ! Hagen était versé dans l’art des potions, il fit part de son idée à Gudrun, sans préciser quels liens unissent réellement Brynhild et Siegfried, et lui remit un philtre sensé lui permettre de conquérir le coeur de jeune homme, en fait une potion d’oubli. Celle-ci accepta, enthousiasme. Elle alla offrir le breuvage à Siegfried, qui le bu sans méfiance et aussitôt oublia ses sentiments pour Brynhild. Gudrun le séduisit alors, et il accepta de l’épouser.

Pendant ce temps, Brynhild reçut la visite de la Walkyrie Waltrude, qui voulait la convaincre de rendre l’anneau aux ondines du Rhin, les propriétaires initiales de l’or dans lequel il a été forgé. Toutefois, comme Siegfried le lui avait remit en gage d’amour, elle ne pu se résoudre à le restituer, même s’il avait jadis été volé. Waltrude était déçue mais elle se refusa à contraindre sa sœur, et repartit.

Au château, Gunnar émit devant son nouveau beau-frère le souhait d’épouser Brynhild, et regreta de ne pas être un héros pour pouvoir la conquérir. Siegfried proposa alors de lui obtenir sa main. Il se rendit jusqu’à leur domicile, sur le roc même où elle est restée de longues années endormie. Le cercle de flammes était toujours présent, car lui et Brynhild n'avait pas été uni officielement. Une nouvelle fois, Grani franchit les flammes avec aisance. Siegfried se présenta devant la Walkyrie avec les vêtements et le casque de Gunnar, et lui demande de l’épouser. Brynhild refusa catégoriquement, mais Siegfried insista, devint violent, et comme l’ancienne guerrière se défendait, il s’emporta et la viola. Puis il lui prit l’anneau, l’assomma et la ramèna à Gunnar.

Quand elle reprit connaissance au château, elle fut contrainte de se marier avec Gunnar par la malediction d'Odin, qui la mettait à la merci de celui qui l'avait réclamé. Celui-ci n’était cependant pas violent, et la malediction brouillant un peu ses esprits sur ce qui s'était passé dans le cercle, elle finit par se demander si elle n'avait pas imaginé certaines choses, et même à aprécier son époux. Pourtant, quand elle vit Siegfried avec l’anneau au doigt, elle comprit ce qui c'était réellement passé, sauf pour la potion d'oubli. Elle en conçut aussitôt une immense colère, renforcée par l'écrasant sentiment d’avoir été trahie. Résolue à se venger, elle ne tarda pas à comprendre quels étaient les sentiments de chacun dans le château. Elle devina que Hagen convoitait l’anneau plus que tout, et décida d’en faire l’instrument de sa vengeance. Celui-ci ne tarda pas à lui avouer qu’il aimerait tuer le héros, mais il était de notoriété publique qu’il était invincible. En souriant, elle le détrompa. Siegfried avait bien une faiblesse : son dos, où le sang de Fafnir n’avait pas coulé. Siegfried ne s’en était jamais inquiété, car il n'aurait jamais tourné le dos à un adversaire, mais en sachant où frapper…

Hagen organisa alors une partie de chasse. Il s’arrangea pour se retrouver seul avec Siegfried, et lui fit boire un filtre qui contrait les effets de la potion d’oubli. Progressivement, ses souvenirs lui revinrent, et son amour pour Brynhild. Alors qu’il comprenait enfin ce qui c’était passé, horrifié, Hagen lui planta sa lance entre les omoplates. Siegfried mourut en appelant Brynhild.

Au château, Hagen prétendit qu’il y avait eu un accident au cours de la chasse, dont Siegfried était la malheureuse victime. Pourtant, Gudrun fut aussitôt assaillie par le doute, elle avait eu de mauvais pressentiment toute la journée et connaissait les méthodes d’Hagen. Elle ne tarda pas à l’accuser. Et Hagen ne se fit pas prier pour raconter toute l’histoire. Puisqu’il avait tué un parjure, il prétendit même avoir droit à un butin, et exigea l’anneau. Gunnar voulut alors venger son ami, mais Hagen le tua. Cependant, Brynhild avait tout entendu, tout compris. Elle ordonna aux suivants de Gunnar de préparer un grand bûcher pour Siegfried. Quand tout fut prêt, elle prononça l’éloge funèbre du héros, et, quand les flammes s’élevèrent, elle se jeta dans le brasier pour le rejoindre.
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